Article publié dans La Croix (France)

La Croix : Deux expertes-comptables donnent des cours au Bénin

Aurélie et Eva ont décidé de donner deux semaines de leur temps pour enseigner la comptabilité à des productrices béninoises.

Pendant l’année, Aurélie Lion et Eva Massini travaillent dans le cabinet d’expertise comptable Yzico à Bar-le-Duc (Meuse). Il y a quatre semaines, elles ont continué à travailler à quelques mètres de distance l’une de l’autre, mais sur un autre continent, à Dogbo, localité située au sud-ouest du Bénin.

Avoir une idée du bénéfice

Les deux jeunes femmes avaient décidé de donner deux semaines de leur temps et de leur savoir-faire pour initier deux groupements de femmes à la comptabilité. Le premier groupement fabrique et commercialise de l’huile de palme, le second produit et vend des dérivés du manioc.

Aurélie et Eva leur ont appris, deux heures par jour, à tenir une comptabilité des achats et des ventes, ainsi que la caisse. Le but était que ces femmes béninoises puissent avoir une indication de leur coût de production et du bénéfice qu’elles génèrent.

Des frais pris en charge par l'employeur

« Elles ne savaient pas si elles vendaient à perte ou non. Elles fixaient leur prix de vente en fonction de celui du marché. Sans cahier de comptabilité, elles ne peuvent remplir aucun dossier de subvention ou de prêt »,constate Aurélie Lion.

Son voyage, ainsi que celui d’Eva, était pris en charge par leur cabinet d’expertise comptable, ainsi que les frais engagés par l’ONG Planète Urgence qui organisait cette mission. Le cabinet Yzico pourra bénéficier des crédits d’impôt liés aux dons aux associations.

Mieux se connaître

La majorité des élèves d’Aurélie et Eva avaient besoin d’une traduction du français à leur langue locale et ne savaient pas lire. « Nous avions­ préparé des feuilles de papier avec des signes et des images, que nous avons punaisés à des planches de bois. Nous avons fait des saynètes, avec des billets fac-similé de francs CFA. Elles se sont prises au jeu », observe Aurélie.

La plupart de ces femmes cumulent plusieurs activités de production ou de vente et élèvent de nombreux enfants. Ces deux semaines de cours ont été l’occasion de mieux se connaître. « Elles m’ont paru pleines de vie »,résume Aurélie. « Elles étaient frappées de voir que je n’avais pas encore d’enfants alors que j’ai passé la trentaine. En même temps, elles voyaient qu’une femme pouvait être indépendante. »

 

Rédacteur : Pierre Cochez

Source : La Croix (France)

Date de publication : 03/12/2015

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