Article publié dans La Nouvelle République (France)

Quand congés riment avec solidarité

Corinne Largeau, 31 ans, a passé quinze jours à Madagascar en tant que volontaire pour l’ONG Planète Urgence. La Niortaise a eu recours au congé solidaire.

Trois mois ont passé depuis son retour à Niort et Corinne Largeau arbore toujours à son poignet un bracelet en corne de zébu, l'animal emblématique de Madagascar (1). La Niortaise y a passé quinze jours, dans la ville portuaire de Mahajanga, située sur la côte nord-ouest de l'île, à 550 km de la capitale, Tananarive.

Corinne n'était jamais partie aussi loin. Et si cette maman solo s'est résolue à laisser son petit garçon de 3 ans et demi, ce n'était pas pour des vacances au soleil. Mais pour une mission de volontariat effectuée avec l'ONG Planète Urgence. Une envie profonde que la trentenaire, salariée à la MAIF, a pu réaliser grâce à un dispositif encore méconnu, le congé solidaire (lire ci-contre).

" Une terre à part "

Affectée avec une autre volontaire dans un Centre local d'échanges francophones (Clef), Corinne avait pour objectif d'améliorer le niveau d'expression en français, deuxième langue officielle du pays, des jeunes en zone rurale, ainsi que de développer le volet animation de la structure, en travaillant avec les bibliothécaires. Partie avec une enveloppe d'une centaine d'euros – une petite fortune au pays – émanant de l'ONG et d'une collecte effectuée auprès de ses collègues, la jeune femme en a aussi profité pour acheter des fournitures sur place.Cette mission a également permis à « Madame Corinne », comme l'appelaient affectueusement les petits Malgaches, de faire connaissance avec celle que l'on appelle « le huitième continent » : multi-ethnique, généreuse, dotée d'une riche palette de paysages… « Une terre à part », résume la Deux-Sévrienne, qui reconnaît avoir eu un véritable coup de cœur pour ce pays d'Afrique australe, en dépit de sa part sombre et du tourisme sexuel dont sont victimes les jeunes filles de l'île.

" Je me suis sentie utile "

Si elle témoigne aujourd'hui, c'est avant tout pour donner envie à d'autres de franchir le pas : « Je me suis sentie utile. Les enfants ont progressé… à la fin, ils se disputaient même en français ! lâche-t-elle dans un rire. Et puis ils vous le rendent tellement bien… Ils ont énormément de choses à nous apprendre ». Toutefois, Corinne met en garde :« Il ne s'agit pas de vacances, on y va pour travailler. Il faut surtout savoir pourquoi on y va, et être humble dans ses objectifs. En ce qui me concerne… j'espère que je ferais plein d'autres missions de ce genre ! ».En guise de souvenir, Corinne a fait imprimer un album photos qu'elle a ensuite envoyé au centre d'échanges francophones. A Mahajanga, pour les petits Malgaches qui ont côtoyé sa joie de vivre, la Niortaise a certainement laissé bien plus qu'un simple livre sur une étagère.

(1) Abattu pour sa viande, ses excroissances sont ensuite utilisées pour fabriquer ustensiles de table et bijoux.

 

 

Rédacteur : Nolwenn Pareige

Source : La Nouvelle République (France)

Date de publication : 26/07/2013

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