Article publié dans Le Parisien (France)

Les jeunes mariés en mission de solidarité

Ils ont désiré leur voyage de noces solidaire. Antoine et Clémence ont aidé une association cambodgienne à développer son activité.

Ce n’est pas franchement l’idée que l’on se fait d’une lune de miel. Un mois après leur retour, Antoine et Clémence restent tout simplement subjugués par leur séjour au Cambodge. Regards complices, sourire aux lèvres, ils se souviennent avec émotion de ce qui restera « un événement fondateur » dans leur couple. Ces deux Cergyssois de 27 et 28 ans ont mis leurs compétences professionnelles au service d’une association locale. Loin de Paris, où Antoine exerce pour le ministère des Finances, et Clémence, un cabinetde conseil en stratégie. 

Le farniente sous les cocotiers, « ça ne nous plaisait pas trop, ironise Clémence. Nous voulions donner du temps pour les autres, mener une action constructive ». Bref, un voyage de noces « à l’image de nos engagements ». Car les jeunes époux partagent le goût de l’entraide depuis leur rencontre, sur les bancs de l’Essec, la grande école de commerce. Antoine et Clémence s’étaient même spécialisés dans l’entrepreneuriat social à l’époque, avant de créer leur propre association. 

Alors plutôt qu’une agence de voyages, le couple s’est tourné vers Planète Urgence, une ONG spécialisée dans l’organisation de congés solidaires. Leur union a été célébrée le 13 juillet, ils ont posé leurs valises au Cambodge, dans la ville maritime de Kampot, au sud du pays, en août. « La mangrove disparaît à vue d’oeil, utilisée par les habitants pour le chauffage ou la construction, explique Antoine. Or, cette végétation assure la présence des poissons, essentiels à l’alimentation d’une population croissante. » Sur place, l’association CWDCC développe une activité de tourisme vert pour financer la protection de l’écosystème. Mais elle manque de visibilité. Les jeunes mariés avaient pour mission de déployer une nouvelle stratégie de communication. Etude demarché, élaboration d’une nouvellebrochure, amélioration du siteWeb : « Nous travaillions huit heurespar jour avec les membres de l’association, en anglais, en prenantsoin de respecter leurs codes culturels», explique Antoine. Mais attention, il n’était pas question de faire les choses à leur place. «Nous avons listé des recommandations, qu’ils sont libres d’appliquer ou non. L’objectif est qu’ils s’approprient la méthode. » Pari réussi puisque Antoine et Clémence ont constaté des évolutions depuis leur retour, notamment sur le site Internet.

Le couple garde enmémoire « unséjour authentique extrêmementenrichissant ». « Notre statut de jeunes époux a instauré un climat un peu particulier, note Clémence. Nous avons montré nos photos de mariage, ils ont montré les leurs. Les échanges ont été très forts. » Un voyage authentique, durant lequel Antoine s’est senti conforté dansses choix : « Au moment du mariage, on pense à l’après, aux priorités que l’on donnera à nos vies. Ce séjoura encore renforcé nos liens. »

 

Cent neuf Val-d'Oisiens se sont déjà engagés 

Le congé solidaire est un modèle d’engagement qui permet, durant les vacances, d’agir bénévolement pour une population ou pour la protection de l’environnement.

Des Val-d’Oisiens solidaires.

L’association non gouvernementale Planète Urgence a été fondée en 2000 par d’anciens responsables de Médecins du monde, Handicap international, Greenpeace France et du monde de l’entreprise. Elle a déjà envoyé plus de 6 300 volontaires en mission. Au total, 109 Val-d’Oisiens se sont engagés, majoritairement en Afrique et en Asie, principalement au Bénin et à Madagascar. 

Des savoir-faire variés. 

Les missions de congé solidaire font appel à descompétences extrêmementdiversifiées. Les volontaires peuvent travailler dans les domaines del’informatique, de l’animation socioéducative,de la gestion ou del’audiovisuel. Planète universconsidère que « sans être un expert de la solidarité internationale, chacun possède des savoir-faire utiles à l’autre ».

Un travail commun.

Les volontaires agissent toujours à la demande de structures locales, qu’il s’agisse de coopératives, de groupementsd’artisans, de réseaux scientifiques ouéducatifs, pour les accompagner dans la mise en oeuvre de leurs projets. Les bénévoles ne partent pas en mission pour « faire à la place de », mais pour apporter une aide trop chère ou inexistante sur le terrain. 

 

Rédacteur : Lucile Métout

Source : Le Parisien (France)

Date de publication : 26/09/2013

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