Article publié dans Nord Littoral (France)

« Le bénévolat au Bénin, c'est un choc »

Monique Gilliot a quitté le Calais pour une mission en Afrique

Durant deux semaines, Monique Gilliot a vécu en immersion dans un village en pleine brousse au Bénin. Cette anonyme a réalisé ce qu'elle croyait impossible : une mission humanitaire, de terrain, touchant du doigt un mode de vie à mille lieux du nôtre. Elle est rentrée en France depuis plusieurs semaines mais une partie de son esprit est encore « là-bas », au Bénin, auprès de la dizaine de membres de l'association locale avec laquelle elle a travaillé. Pour deux semaines, Monique Gilliot a quitté Vieille-Eglise pour se rendre dans un village en pleine brousse, volontairement loin d'une grosse ville. « Les contacts sont plus simples dans un petit village », estimait-elle avant son départ.

Il y a quelques mois, Monique Gilliot estimait encore que les missions humanitaires, c'était « bien mais pas pour moi ». « Souvent, on pense soins, médecins, infirmiers, on n'imagine pas qu'il y a plein d'autres choses à faire. » En mars, elle découvre une publicité de Planète Urgence dans son carnet de tickets-restaurant. Elle y jette un oeil attentif. « Cela m'a interpellée pour plusieurs raisons, résume-t-elle. Je suis assez attentive aux démarches d'économie solidaire, par exemple. Et je suis partie sur un "chantier de jeunes" à la fin des années 70 au Burkina-Faso. Cette mission m'avait changée. » Le site internet de Planète Urgence prouve que les missions humanitaires ne sont pas réservées aux soignants. « J'ai découvert une mission qui pouvait me correspondre, dans le domaine de l'aide au montage de projets. Je travaille au service social de la Caisse d'Allocations Familiales, à Calais, j'ai eu des formations et j'ai un savoir-faire que je pouvais partager au Bénin. » Mari, enfants et collègues encouragent Monique Gilliot : elle monte alors son dossier de candidature, met en avant sa précédente expérience au Burkina-Faso, ses motivations personnelles, la manière dont elle compte mener sa mission. « C'était pour une durée de quinze jours, donc ce n'était pas pour partir des mois ... »

« J'ai donné... et j'ai reçu » 

Monique Gilliot est retenue. Sa mission va consister à travailler auprès d'une association du Bénin sur le montage de projets autour du soutien scolaire. « Sur le plan pratique, Planète Urgence organise la mission de A à Z, et c'est extrêmement sérieux. On est accueilli sur place par un correspondant, on a un téléphone qui nous est fourni pour pouvoir appeler et être joignable et on a des règles strictes à respecter pour la sécurité. » Avant le départ, avant même les deux journées de formation obligatoires, Monique Gilliot doit boucler la partie financière de sa mission. «  Soit la somme peut être prise en charge par l'entreprise pour laquelle on travaille, soit on finance tout soi-même. C'est ce système que j'ai dû utiliser. » En pratique, le budget est d'environ 3 000 euros, il fonctionne comme un don à Planète Urgence, et donne droit aux réductions fiscales habituelles, y compris pour les entreprises privées qui financeraient un salarié partant en mission humanitaire. « J'avais vraiment envie de faire connaître ce genre de mission, alors j'en ai beaucoup parlé à mes collègues, et certains ont participé au financement de la mission. Toujours sous forme de don. » Depuis son retour, Monique Gilliot tente de garder le contact avec son groupe béninois malgré les difficultés pratiques. « On dit toujours que l'on apprend plus que l'on ne donne dans ce genre d'expérience, et c'est tout à fait vrai. J'ai appris à relativiser pas mal de choses, à mieux distinguer l'essentiel du superflu. Je me suis aussi rendu compte de la fragilité de notre mode de vie, totalement dépendant du modernisme, de l'électricité, des transports. » Monique Gilliot n'est pas rentrée « indemne », elle a compris que l'aide internationale ne doit pas être vue du côté du donneur. Elle n'est pas indemne mais elle est prête à repartir.

 

Rédacteur : Laurent Geumetz

Source : Nord Littoral (France)

Date de publication : 16/12/2013

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