Article publié dans CFDT Magazine (France)

Rendez-vous en terre solidaire

Le congé solidaire permet à des salariés de mettre un premier pied dans l’engagement bénévole à l’international et de vivre une expérience sociale et culturelle inédite.

Dans la pratique, il existe deux types de congés : le congé de solidarité internationale, ouvert à tous les salariés ayant douze mois d’ancienneté dans l’entreprise (consécutifs ou non). Pour en bénéficier, le salarié doit informer son employeur par lettre recommandée au moins un mois à l’avance. Le refus de l’employeur n’est recevable que si l’absence du salarié est préjudiciable à la production et à la marche de l’entreprise, ou si le nombre de salariés bénéficiant déjà de ce congé est supérieur au « quota » légal. Important à savoir : pendant le congé, le contrat de travail est suspendu et le salarié n’est pas rémunéré, la durée du congé restant cependant assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des avantages liés à l’ancienneté.

Les domaines d'intervention

Mais depuis une quinzaine d’années, le congé solidaire, plus « avantageux » pour les salariés, s'est popularisé. D'une durée relativement courte (de deux à quatre semaines), la mission consiste à renforcer les capacités d’un porteur de projet de son choix (associations locales, coopératives, écoles…) autour de trois grands domaines d’intervention : transfert de compétences (formation à l'informatique, bureautique…), appui socioéducatif auprès d’enfants en difficulté ou encore protection de la biodiversité aux côtés d'organisations scientifiques. À la différence du congé de solidarité internationale, le contrat de travail n’est pas suspendu pendant la mission. Autre particularité de ce type de congé : le salarié volontaire peut financer individuellement sa mission (avec une déduction fiscale de 66 %) et, le cas échéant, être partiellement soutenu par son employeur.

Soutien financier de l'employeur

L’association Planète Urgence signe chaque année des partenariats avec les entreprises qui choisissent d’allouer une partie de leurs fonds de RSE ou de fonds propres au financement de mission de leurs salariés volontaires. Sur les 600 bénévoles qui partent chaque année en congé solidaire, la moitié le font avec le soutien financier de leur employeur, comité d’entreprise, ou collectivité territoriale. Pour Planète Urgence, l’intérêt des entreprises est double : « au lieu de n’être que mécènes et de soutenir financièrement des projets, les entreprises trouvent une manière innovante de s’impliquer dans la RSE, grâce à une fiscalité avantageuse (60 % de déduction fiscale). Certaines y voient également un outil de recrutement et de fidélisation de leurs salariés », explique un responsable de l’association.

Un congé d’engagement ?

Début janvier, le gouvernement disait réfléchir à la création d’un congé d’engagement pour les salariés investis dans une mission de solidarité en France comme à l’étranger. « Les dispositions existantes, très peu connues, doivent être réaménagées, complétées, pour lever un maximum de freins à l’articulation des différents temps de vie. J’en appelle d’ailleurs aux partenaires sociaux pour qu’ils se saisissent de cette question à l’occasion des négociations sur la qualité de vie au travail », expliquait Valérie Fourneyron, ministre des Sports, de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative.

 

Rédacteur : Anne-Sophie Balle

Source : CFDT Magazine (France)

Date de publication : 05/03/2014

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