Mayotte : Mission de prospection pour des projets de Congé Solidaire

Sébastien, notre coordinateur des missions Asie et Elodie, bénévole au pôle volontaire et administration vous présentent leur mission de prospection réalisée à Mayotte pendant 2 semaines, en mai dernier. Ils reviennent sur les rencontres qu'ils ont réalisées auprès des acteurs mahorais.

Quel a été l’objectif de votre mission ?

L’objectif principal de notre mission était de rencontrer des acteurs du tissu associatif mahorais, identifiés depuis la métropole, afin de leur présenter le dispositif du Congé Solidaire® et d’envisager, à termes, une éventuelle collaboration entre Planète Urgence et les structures associatives approchées.

Pour réaliser cette prospection, nous nous sommes appuyés dans un premier temps sur les répertoires  de Médecin Du Monde, du Secours Catholique et du Centre de Cohésion Sociale de Mayotte (CDR), en ciblant principalement les structures en lien avec l’insertion professionnelle, l’éducation, le handicap et la protection environnementale.

Les échanges, dans un second temps, avec des acteurs qui sont en relation directe avec les structures associatives, nous ont permis de finaliser ce répertoire et d’identifier les organisations actives sur le territoire mahorais.

Notre déplacement à Mayotte était légitime dans la mesure où nous avions reçu un certain nombre de réponses positives suite à nos mails et nos appels téléphoniques présentant Planète Urgence et les types de missions CS adaptés à leur structure.

Sur place, nous avons aussi démarché directement auprès des associations et des organisations pour lesquelles nous n’avions pas eu de retours. Nous leur avons alors présenté Planète Urgence, le dispositif du Congé Solidaire, la convention de partenariat et ses annexes.  

Les associations se trouvaient pour l’essentiel à Mamoudzou (chef-lieu), et certaines étaient implantées dans les quartiers défavorisés de Mayotte, les « bangas », bidonvilles situés dans Mamoudzou et dans les communes périphériques. Les rendez-vous se déroulaient pour la plupart au siège des associations, et quelques rares fois dans les médiathèques, les cafés ou encore chez l’habitant.

Quelles sont les conclusions de votre séjour sur place ? 

Durant notre séjour, nous avons rencontré une vingtaine d’associations aux tailles et mandats très différents, qui ont toutes accueillies le dispositif du Congé Solidaire® avec beaucoup d’enthousiasme tant les besoins sont importants.

La rencontre avec les référents des organisations et des associations nous a permis de juger d’une part de la pertinence du dispositif (adapté à la structure), et d’autre part, de définir si le Congé Solidaire® était en mesure de répondre à leurs besoins.

La mission est allée au-delà d’une simple mission de prospection.En effet, sur 23 partenaires rencontrés, une quinzaine d’associations avaient déjà réfléchis à des demandes en formation ou accompagnement, relatives à leurs besoins, notamment en appui à la structuration et au développement de leurs activités (gestion de projet, marketing/ communication, développement de site web, gestion administrative et comptable) mais aussi  pour des besoins spécifiques à leurs domaines d’interventions (technique d’animation et en pédagogie auprès de personnes handicapés, recensement de la faune et de la flore).

Que vous a apporté cette mission dans votre travail au siège ?

Cette mission nous a permis de nous immerger dans la culture mahoraise et de rencontrer les acteurs locaux dans un contexte économique et social différent de celui de la métropole. 

De ce fait, nous avons une vision à la fois plus précise du travail de terrain mais également plus globale quant aux tâches réalisées en amont auprès des partenaires locaux (prospection, présentation du projet, identification des besoins). Au-delà des soutiens financiers de leurs bailleurs de fonds, le Congé Solidaire® est réellement pertinent pour le renforcement des compétences et des capacités humaines (compétences techniques, aspect opérationnel) qui permet le développement et la pérennisation des structures ainsi que de leurs activités.Nous avons pu en quelque sorte nous mettre dans la peau d’un délégué, et mesurer les difficultés auxquelles il est confronté dans son quotidien.

Une impression à partager ?

 « Mayotte a le visage de l’Afrique avec l’apparence de la France »,  « Mayotte n’est pas encore la France ». Il s’agit de déclarations que nous avons pu entendre durant nos premiers jours de mission, en abordant avec les différents partenaires locaux, le contexte global de cette île, appartenant à l’archipel des Comores, devenue un département français depuis 2011. Des ressentis partagés par de nombreux acteurs associatifs qui sont au cœur des différentes problématiques (insertion professionnelle, soutien et prise en charge de personnes handicapées, accompagnent de demandeurs d’asile, lutte contre la délinquance juvénile etc.), et qui s’accordent à dire que Mayotte compte de nombreux contrastes et paradoxes. Bien qu’il s’agisse d’un département français, l’encadrement et la sécurité des volontaires ne seront pas à négliger.

 

Rédacteur : Camille Rolland

Source : Planète Urgence (France)

Date de publication : 06/07/2015

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