Article publié dans L'Express de Madagascar (Madagascar)

L'Express de Madagascar : Un malvoyant qui rêve d’être opérateur de saisie

Osé Rakotoarivelo, malvoyant, a été initié à l’informatique malgré son handicap. Outre son emploi de chef d’atelier d’ouvrage bois, il veut devenir opérateur de saisie.

Un seul œil pour voir n’empêche pas Osé Rakotoari­velo d’avoir des ambitions. Grâce au Centre National de Formation Professionnelle des Personnes en Situation de Handicap (CNFPPSH) sis à Ampandrianomby, le père de famille de trois enfants a pu s’initier à l’informatique.

« C’est la première fois que je touche à un ordinateur. En général, ce n’est pas aussi difficile. Il faut juste apprendre l’alignement des lettres du clavier et c’est ce que je trouve un peu difficile vu que je suis malvoyant », reconnaît-il.
Âgé de cinquante ans, Osé assure son rôle de père de famille. Depuis dix-sept ans, il travaille à l’atelier d’ouvrage bois au CNFPPSH. Il est passé d’ouvrier à chef d’atelier. Avec son apprentissage de l’informatique bureautique (word, excel,…) et son initiation à l’Internet, il pense pouvoir améliorer son travail. Mais il ne compte pas, pour autant, en rester là. Il ambitionne de devenir opérateur de saisie.

« J’ai toujours souhaité ouvrir un cybercafé et devenir opérateur de saisie, sans pour autant quitter mon emploi à l’atelier. Il me faut juste maîtriser le clavier, mais je crois pouvoir y arriver », estime t-il, convaincu, derrière ses lunettes noires. Anaïs Lebreton, volontaire, venant de France, de l’ONG Planète  Urgence,  partenaire du Centre dans la formation de ses étudiants, partage cet avis. Non seulement pour Osé mais pour  les huit au­tres handicapés qui ont bénéficié de la formation.

Capables

« La formation était une très belle expérience pour moi. C’était un challenge parce que c’est une autre culture et ce n’est pas forcément facile. Il m’a fallu m’adapter aux niveaux différents des participants mais je suis sûre qu’ils sont tous capables de travailler, d’autant plus que dans une ou deux semaines, ils auront une formation beaucoup plus approfondie », déclare t-elle.

Le directeur du CNFPPSH, Mahandrima­nana Andria­nainarivelo déplore, néanmoins, la difficulté d’accès des personnes handicapées au monde du travail. Selon lui, sur une quarantaine d’étudiants diplômés par an, 5% seulement accèdent à l’emploi.

Il se réjouit qu’après la ratification, par l’État, de la convention internationale des droits des personnes handicapées, les sociétés et entreprises devront recruter des handicapés.

Un centre spécifique

Le CNFPPSH est un centre spécifique pour personnes handicapées physiques et mentales. Il dispense, gratuitement, des formations en pâtisserie, en informatique, en coupe et couture, en ouvrage de bois et en ouvrage métallique. Il dispose d’une classe spéciale pour les handicapés mentaux. En perspective, le centre prévoit d’instaurer la formation en montage d’équipement d’énergie solaire. Chaque année, une centaine d’étudiants sont reçus au centre. Rattaché au ministère de l’Emploi, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle,  le CNFPPSH dispose de centres annexes à Mahajanga et à Toliara.

 

Rédacteur : Michella Raharisoa

Source : L'Express de Madagascar (Madagascar)

Date de publication : 15/09/2015

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