Plus de 100.000 produits chimiques contribuent à la destruction de l'espace climatique de la terre. Le rapide changement climatique représente une nouvelle menace pour la santé publique et risque de modifier le développement global et local, selon le Forum intergouvernemental sur la sécurité chimique (FISC).
La sixième session du FISC, réunie pendant cinq jours à Dakar, la capitale sénégalaise, a recommandé d'élaborer une stratégie de prévention des risques qui devrait faire baisser l'utilisation des produits chimiques et aider les agriculteurs à faire face aux nouveaux défis posés à la production agricole, tels que les changements climatiques et la demande des consommateurs de produits alimentaires et de bio-combustibles sans risque.
Dans le domaine des pesticides qui constituent un sérieux problème pour les paysans africains, les experts ont évoqué la création des
écoles sur terrain pour former des agriculteurs sur ces produits chimiques et leur utilisation, et mettre en exergue les résultats économiques positifs sur la santé publique et l'environnement.
Les partenaires au développement, les gouvernements, les organisations non gouvernementales, les syndicats et les représentants du secteur industriel de tous les continents se sont réunis à Dakar du 15 au 19 septembre pour appréhender les problèmes émergents sur la sécurité chimique et développer des actions pour une gestion rationnelle des produits chimiques utilisés dans le monde.
Les participants à la session du FISC ont reconnu que dans bon nombre de pays africains, d'Asie et d'Amérique latine, les maladies sont causées par l'accélération du changement climatique. L'exploitation des terres, la déforestation, l'urbanisation des zones forestières et tempérées ont une influence négative sur le climat, selon les experts.
Selon le ministre de l'Environnement du Sénégal, Djibo Ka, il est important pour les pays de mettre en place des stratégies écologiques rationnelles afin de lutter contre les vecteurs de maladies transmissibles.
La lutte intégrée contre les vecteurs, en tant que stratégie de santé publique, nécessite une participation de multiples acteurs au niveau national, régional et international, a-t-il déclaré.
Cet intérêt est manifeste, dit-il, eu égard, d'une part, à la dépendance des pays vis-à-vis des ressources naturelles qui sont menacées par l'utilisation et les rejets de substances chimiques et pesticides dangereux, et, d'autre part, aux déficiences liées au manque d'information, de communication et d'expertise technique.
Pour l'Afrique, une meilleure sécurité chimique participera, dans une grande mesure, aux objectifs du volet de l'environnement du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), a affirmé Ka. Selon lui,
la gestion du milieu marin et côtier, la biodiversité, la gestion des déchets et pollutions, ne seront atteintes qu'avec une prise en compte... de la sécurité chimique.
Ka a demandé aux partenaires de soutenir les initiatives et actions des pays en développement pour un monde sécurisé, avec une traçabilité claire de la gestion des produits chimiques.
Selon les participants, l'utilisation des pesticides a souvent mis à rude épreuve aussi bien la production agricole que la sécurité alimentaire. Il est donc important de réglementer l'utilisation des pesticides afin de protéger la santé humaine et l'environnement, soulignent-t-ils.
Compte tenu de la nécessité de prévenir l'intoxication des utilisateurs de pesticides et de l'environnement, les gouvernements doivent trouver des directives pour la gestion rationnelle et réduire ainsi les risques liés à la toxicité aiguë des pesticides, recommandent-ils.
Le président du FISC, Zoltan Szabo, estime que l'échec du régime de la gestion des produits chimiques rendra l'Afrique plus vulnérable que par le passé, indiquant qu'il faut une participation active de tous les acteurs pour apporter de solutions adéquates au problème de la gestion intégrée et écologique des déprédateurs et des vecteurs de maladies.
L'usage des pesticides affecte beaucoup de gens de par le monde et particulièrement en Afrique. Il provoque des intoxications aiguës ou exerce des effets chroniques sur la santé. Il est donc important pour les gouvernements des pays en développement de prendre des mesures pour aider les populations contre les effets néfastes des pesticides et de la dégradation climatique, dit-il.
Selon Szabo, les pesticides jouent également un rôle négatif sur la faune sauvage et l'environnement. Pour réduire leurs effets indésirables sur les écosystèmes, tout en préservant leur efficacité, il estime qu'il faut mettre au point de nouvelles méthodes de gestion applicables à la lutte contre les déprédateurs et les maladies transmissibles par les vecteurs.
Ces nouvelles méthodes feront moins recours aux pesticides et permettront de réduire la pression des ravageurs. Ces mesures sont connues sous l'appellation de Gestion intégrée des déprédateurs (GID) et de Gestion intégrée des vecteurs (GIV), explique Szabo.
Selon Olanipekun Abiola du Nigeria, qui a obtenu le prix de la contribution à la lutte contre les produits chimiques, l'Afrique, peut bien parvenir à réduire les effets des pesticides, comme l'ont fait d'autres pays en Aise.
Notre continent a les moyens nécessaires de protéger la santé de la population face au changement climatique. Il suffit seulement que les gouvernants se lancent réellement dans la lutte contre la dégradation climatique, déclare-t-elle.
Abiola a exhorté les partenaires au développement à venir en aide aux pays du Tiers monde par des programmes pluridisciplinaires et multisectoriels axés sur des campagnes d'action écologique. Cette aide pourrait également encourager l'hygiène personnelle, le ramassage des ordures, la fourniture d'eau potable et l'assainissement, pour une gestion rationnelle des produits chimiques utilisés.