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Rédacteur : Marie-Louise B. Matchoudo

Source : L'Autre Quotidien (Bénin)

Date de publication : 24-12-2008

Transfert de fonds des migrants : tirer parti du potentiel de la diaspora

Selon la banque mondiale, malgré le ralentissement de la croissance des envois de fonds, qui devrait passer de 6,7% à 0,9% en 2009, les transferts de fonds de migrants dépasseront toujours de loin l’aide publique au développement, qui s’élève en moyenne à 100 milliards de dollars par an.

200 millions de migrants environ devraient envoyer vers leur pays d’origine 283 milliards de dollars en 2008, contre 265 milliards en 2007, affirme la fiche thématique de la Banque mondiale sur les migrations et les envois de fonds. Selon le responsable des migrations et des envois de fonds de la banque mondiale, Monsieur Dilip Ratha, les transferts de fonds devraient moins souffrir de la crise que les flux de capitaux ou l’aide officielle d’ici 2010.

Le phénomène de migration fait en effet partie intégrante du développement, tant pour les pays développés que pour les pays en développement. L’économiste suggère que les pays en développement devraient tirer parti du potentiel de leur diaspora, notamment par le biais d’obligations ou d’autres instruments financiers permettant de lever des capitaux. En raison de leur relative stabilité, les envois de fonds sont désormais largement considérés comme une source de financement permettant d’atténuer les effets de la crise. Au cours des trois derniers mois, les demandes de données et d’évaluation concernant les transferts de fonds n’ont cessé d’affluer.

Certains secteurs et couloirs d’envois de fonds seront davantage touchés par la crise, notamment les transferts liés au secteur de la construction, effectués des États-Unis vers le Mexique ou des États du Golfe vers des pays de l’Asie du Sud, de l’Afrique ou du Moyen-Orient. Un net ralentissement des flux d’envois de fonds vers l’Asie du Sud est prévu, passant d’une croissance supérieure à 16% en 2008 à une croissance nulle en 2009. Tandis que les flux vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord devraient diminuer de près de 7%. Bien que le revenu des migrants soit affecté par le ralentissement économique, la baisse des prix des matières premières et la hausse du dollar ont conduit à une augmentation du pouvoir d’achat lié aux envois de fonds, en permettant aux travailleurs migrants d’envoyer moins de fonds sans que les pays bénéficiaires en soient lésés. Malgré la diminution de la part des envois de fonds dans le Produit intérieur brut (Pib), la contribution des envois de fonds à la position extérieure des pays en développement devrait connaître une forte progression en 2009-2010 , déclare la fiche thématique.

Monsieur Dilip Ratha affirme que les pays en développement pourraient exploiter le potentiel de leurs travailleurs migrants, dont le nombre est relativement stable et les revenus souvent largement supérieurs au Pib de leur pays d’origine. Israël en est un exemple. Depuis plus de 50 ans, le pays émet des obligations destinées à ses travailleurs émigrés, permettant ainsi de lever environ 800 millions de dollars par an. L’Inde a également émis trois obligations similaires, levant ainsi 15 milliards de dollars. Si l’envoi de fonds constitue un moyen d’exploiter les revenus drainés par les migrants, ces obligations permettent de tirer parti de la richesse considérable de la diaspora à l’étranger , pense l’économiste. Les travailleurs migrants ont pour objectif de rapatrier des fonds. Leur patriotisme et leur nostalgie peuvent les inciter à souscrire à ces obligations. Ils ont une vision plus positive de leur pays. De plus, ils ont besoin de disposer de devises locales et ne sont pas autant préoccupés par le risque de dévaluation que les autres investisseurs , conclu-t-il.
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