Rédacteur : Philippe Petit
Source : Planète Urgence (France)
Date de publication : 09-06-2010
Planète Urgence a souhaité répondre à la demande d’aide internationale du gouvernement haïtien après le séisme survenu le 12 janvier 2010. Dans un premier temps, Planète Urgence a laissé intervenir les urgentistes pour les secours d’urgence et l’évacuation des blessés dans les zones urbaines. Depuis cette date, Planète Urgence travaille aux côtés des populations sinistrées d’Haïti en zones rurales, qui bénéficient d’un moindre soutien de la part de la communauté internationale, avec les organisations internationales et nationales haïtiennes.
1. Point de situation générale
Aujourd’hui la population haïtienne doit faire face à une situation de pénurie, certes moins dramatique de jour en jour, mais la vie se déroule dans une grande précarité pour les plus modestes. Les populations des zones rurales, elles-mêmes sinistrées en partie, arrivent à subvenir à leurs besoins alimentaires quotidiens.
L’aide internationale massive est aujourd’hui mieux organisée, notamment en zones urbaines, mais il subsiste encore de très importants problèmes concernant l’accès à l’habitat et les conditions d’accueil dans les camps. Les pluies et les vents violents compliquent encore la vie de ces populations très vulnérables.
2. Point de situation du programme ''1 Toit 1 Avenir''
A la suite de la mission d’évaluation réalisée en février, les activités du programme ''1 Toit, 1 Avenir'' ont été rapidement lancées autour de 3 axes: La sécurité alimentaire, l’appui à la réouverture des écoles, et la reconstruction des infrastructures et bâtiments détruits.
a. Sécurité Alimentaire
L’intervention a conjugué des actions post urgence et le lancement des activités d’agro foresterie, qui seront mises en œuvre sur toute la durée du programme.
Actions d’urgence
Pour faire face à l’impératif de ne pas manquer la première saison de récolte, l’équipe de Planète Urgence a opéré un rapprochement avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), de façon à doter les populations de semences et d’outillages.
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Nous avons ainsi pu procéder aux distributions suivantes :
• 8 tonnes de semences de haricots noirs,
• 5 tonnes de semences de maïs,
• 5600 sachets de semences maraîchères ont pu être distribués à près de 1900 familles. La distribution des semences maraîchères s’est appuyée sur une réunion réunissant l’ensemble des associations paysannes de la Montagne, afin que celles-ci puissent réaliser l’accompagnement nécessaire en terme de formation nécessaire à la bonne culture de ces légumes.
• 460 kits outillage (houes, pioches…) obtenus de la part de la FAO. Cette dotation de petit outillage a été complétée par des achats réalisés directement par Planète Urgence (serpettes, pioches, machettes, brouettes, arrosoirs…). 40% de cet outillage a été donné aux familles les plus démunies, quand 60% a été vendue de façon à permettre la constitution d’un stock d’outils laissés à disposition des familles au travers d’une banque d’outils).
Agro foresterie
Parallèlement aux activités mentionnées plus haut, le lancement du programme d’agro foresterie a été réalisé. C’est qu’il s’agit de ne pas perdre de temps pour profiter des pluies, mettre en place les pépinières et capitaliser sur la forte mobilisation des villageois. En partenariat avec Opadel, une parcelle dédiée à la pépinière a donc été louée pour accueillir les 2300 plants de caféiers et d’arbres fruitiers qui ont été achetés.
Ces quantités vont être augmentées prochainement, en même temps que vont être achetées l’ensemble des outils nécessaires à la production et à l’entretien des plants pour compléter les stocks déjà en possession d’Opadel.
b. Ecoles
La situation des écoles restent aujourd’hui très préoccupante.
La rentrée des classes a commencé, mais l’accès aux écoles – y compris celles semblant peu touchées par le séisme- reste suspendu tant que les inspections n’ont pas été réalisées par les services de l’Etat.
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Planète Urgence, en lien avec les autres organisations travaillant dans le champ de l’éducation, a participé à l’établissement des cahiers des charges définissant les standards et modalités d’intervention sur les différents sites. Sur la zone de la Montagne, elle a procédé à une étude visant à préciser le nombre d’enfants, l’état, la population de déplacés accueillie par les différents établissements pour les 32 écoles de la zone et organisé la distribution de 34 bâches pour 13 de ces écoles (accueillant près de 5000 enfants). La fourniture des bâches aux écoles est conditionnée à la réalisation par celles-ci de structures solides, capables de résister aux pluies et aux vents violents, pour les accueillir. Pour faciliter la tache des écoles, des équipes mobiles sont en cours d’organisation pour appuyer les écoles dans la réalisation de ces structures d’accueil.
Dans le cadre du travail étroit qu’elle réalise avec l’Unicef, Planète Urgence pourrait également se voir dotée de tentes et de matériel scolaire. Sans attendre, nous avons cependant commencé à identifier les fournisseurs et artisans qui pourront fournir le matériel nécessaire à la réalisation de kits scolaires qui seront distribués aux élèves.
c. Appui à l’habitat
Planète Urgence travaille à l’établissement de plans pour la construction de maisons individuelles intégrant les éléments de contrainte para sismiques et anti cycloniques. L’option prise par Planète Urgence est de pouvoir proposer un habitat durable et adapté aux besoins essentiels des familles, puisqu’elle permet une action complémentaire de celles réalisées par d’autres associations, qui ont d’avantage orienté leur intervention vers la fourniture de tentes ou autres abris temporaires et transitoires. Souhaitant privilégier une expertise locale, Planète Urgence a demandé des plans à plusieurs architectes locaux. Ces plans sont actuellement en cours de finalisation de façon à pouvoir lancer la construction de 2 maisons pilotes au plus vite.
Le contexte de mise en œuvre de ce volet du programme reste assez complexe, celle-ci devant intégrer les incertitudes foncières et l’immensité des besoins à satisfaire pour définir des priorités qui soient acceptées par tous.
Les maisons construites seront prioritairement attribuées aux familles monoparentales et aux familles de déplacées qui souhaitent s’établir à la Montagne. Ces familles se verront proposer un plan d’accompagnement large : hébergement + appui au démarrage d’une activité économique agricole par des formations et des dotations en matériaux et en semences ou axé sur les services (par un soutien financier en micro crédit). Un premier objectif de 50 maisons construites a été posé.
Quelques chiffres clés
| Février/Mars/Avril |
| Nombre de tonnes de semences distribuées | 13,5 |
| Nombre de familles bénéficiaires | 1900 |
| Nombre de bâches distribuées | 34 |
| Nombre de maisons construites | 0 (phase d’évaluation) |
3. Calendrier des opérations à venir
La base de lancement du projet réalisée, les prochains mois vont permettre de monter en puissance sur les différents programmes (achat d’outillage, mise en pépinière de plants supplémentaires, appui aux écoles et finalisation des distributions de bâches…). Le volet construction/reconstruction va entrer dans sa phase de mise en œuvre, par la construction des maisons pilotes et la sélection – en lien avec les acteurs locaux- des familles qui seront appuyées par la suite.
Au travers de ces constructions, c’est toute l’opération d’appui à l’établissement des familles déplacées à la Montagne qui sera lancée (avec l’octroi de prêts en micro crédit et un appui technique agricole). L’analyse des actions mises en œuvre à la Montagne en terme d’appui à la reconstruction des maisons endommagées a montré un besoin d’appui sur ce sujet, pour permettre aux familles de valoriser les distributions de matériaux (ciment, bois…) réalisées par d’autres acteurs en mobilisant des équipes de techniciens à même d’aider les familles à monter les murs et les charpentes détruites. Une dotation complémentaire en matériaux sera probablement nécessaire dans ce cadre.
Début juin arrivera également à Jacmel le nouveau coordinateur du projet, qui pilotera le projet sur toute la durée restante de cette première phase (fin 2011). Il remplacera Jean Baptiste Coupry, qui a permis le démarrage des activités et que nous remercions pour la qualité du travail qu’il a réalisé ces 2 derniers mois.
Point financier
Budget prévisionnel du projet : 595 650 euros
Sommes collectées : - particuliers: 28 870 euros
- entreprises : 276.000 euros
Dépenses engagées- évaluation / logistique
- appui à l’agro foresterie
- appui aux écoles