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Rédacteur : Camille Aunis & Nadia El Laffi
Source : Planète Urgence (France)
Date de publication : 16-01-2012
Nouvellement arrivé dans l’équipe Planète Urgence, Serge occupe aujourd’hui le poste de chef de projet Environnement et Développement à Madagascar. Dans cette interview, il nous livre un bilan des actions de l’année ainsi que les objectifs et pistes de développement pour l’avenir.
Serge, tu as rejoint il y a quelques mois l’équipe de Planète Urgence à Madagascar, peux tu nous dire quel est ton parcours et ce qui t’a motivé à rejoindre l’équipe Planète Urgence ?
Suite à un cursus de 5 ans à l’école supérieure des sciences agronomiques de l’Université d’Antananarivo, j’ai effectué, en 2007, mon stage de fin d’étude dans le sud de Madagascar. Au sein de la « Réserve Spéciale de Bezà Mahafaly », ma mission consistait en une analyse de la gouvernance locale de la zone en vue de son renforcement. A la suite de mon stage, j’ai intégré l’ONG Malgache « Malagasy Environnement » pour travailler sur la mise en place de sites de transfert de gestion dans sept communes de la région Amoron’i Mania. Ces sites, dont la gestion était auparavant assurée par l’Etat sont aujourd’hui confiés aux organisations communautaires de base. J’ai ensuite travaillé deux ans sur le projet GESFORCOM (Gestion Forestière Communautaire et Communale) avant de créer, en 2011, l’association « Aides Actions et Initiatives pour le Développement Economique et Social » dont l’objectif est de mener des actions d’éducation environnementale dans des écoles secondaires.
J’ai rejoint l’équipe Planète Urgence en août 2011. En tant que chef de projet, je m’occupe notamment de la mise en place et du suivi des projets malgaches mis en œuvre par l’association. Ce qui me plait le plus dans mon travail, c’est d’être l’intermédiaire entre les bailleurs, les partenaires techniques et les organisations communautaires de base.
Ton arrivée dans l’équipe exprime la volonté de Planète Urgence d’accroître son intervention à Madagascar. Peux-tu nous dire quelques mots sur les activités prévues au programme Environnement et Développement en 2012 ?
En ce qui concerne les deux projets déjà engagés, à savoir la protection et la reforestation des forêts de tapias de la région d’Itasy et la réalisation du centre rural de Patrak’ala, l’accompagnement des partenaires locaux continue en 2012.
Pour la région d’Itasy, la plantation de 35.000 arbres est prévue. Il s'agira d'un mélange entre les tapias, essence endémique de l'île, ainsi que d’autres essences à usages multiples. Cette diversification des espèces permettra notamment de répondre aux besoins en "bois énergie" sans avoir à puiser dans les forêts de tapias.
En ce qui concerne la réalisation du centre rural de Patrak’ala, sa construction est en cours depuis 2008. En partenariat avec l’Organisation d’Appui au Développement Intégré (ODADI) son objectif sera de former les paysans à des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement. Pour cela, Odadi a déjà planté, avec notre soutien, près de 17.000 plants de ravintsara. En 2012, le grand défi de ce volet du programme sera de créer une unité de distillerie afin d’obtenir des huiles essentielles de ravintsara et de thym, ces dernières serviront notamment à lutter contre la varoise, un parasite qui décime les abeilles et se développe à Madagascar.
Venant s’ajouter à ces deux projets qui seront poursuivis et pérennisés, de nouvelles actions verront également le jour sur l’île. Ainsi, en 2012, et toujours dans le but de préserver les forêts de tapias, nous envisageons d’appuyer la filière Soie dans la région d’Itasy et de lancer un projet qui permettra d’augmenter l’efficacité la filière "bois énergie". Pour ce faire, des charbonniers seront formés à la réalisation de meules plus efficaces pour fabriquer le charbon et des foyers améliorés seront diffusés dans la région. Les foyers améliorés sont des supports de cuisson qui peuvent être fabriqués à base de différents matériaux, argile ou fer par exemple. Ils permettent aux familles d’économiser le bois ou le charbon utilisé pour la cuisson des aliments et diminuent donc les coupes de bois. Ils ont aussi un impact positif pour la santé car ils diminuent les rejets de fumées et permettent de faire des économies pour l’utilisateur qui a moins de bois ou de charbon à acheter.
Quels sont les prochaines étapes et les pistes de développement sur lesquelles devra se pencher l’association ?
Pour l’avenir, je pense qu’il faut poursuivre les activités en cours et concrétiser le projet « bois énergie » en étudiant la possibilité d’y intégrer une certification « Carbone ». Un autre projet prioritaire, est celui de la restauration des mangroves. Il y a en effet une énorme dégradation de cet habitat, notamment à Mahajanga où les populations utilisent la mangrove pour faire du charbon de bois. Or, la mangrove constitue un écosystème de première importance, tant pour l’environnement dans son ensemble que pour les populations vivant sur le littoral et au bord des deltas des fleuves et rivièr