Témoignages et rapports de volontaires

Au retour de leur mission de Congé Solidaire, tous les volontaires remplissent un rapport de mission.Un indice de satisfaction des volontaires1 de 4,7/5 en 2016.

Daniel est parti au Niger (Niamey)
du 07/02/2005 au 23/02/2005 sur le projet n°150 (Bureautique)

Philippe est partie au Mali (Bamako)
du 30/01/2005 au 12/02/2005 sur le projet n°305 (Animation)

Je n'ai rencontré aucun problème, ni au niveau de la logistique, de l'accueil chez Yaya, de l'hébergement et de la nourriture, ni en ce qui concerne les rapports avec les autres volontaires. La présence simultanée de deux autres volontaires sur l'école de Boulkassoumbougou a été un atout important : visites réciproques et échanges d'informations et de matériels nous ont permis de nous entraider efficacement.
Nous étions trois au départ de Paris avec un excédent de bagages de 16 kg (10 euros de supplément par kg...). Nous avons demandé à voir la superviseuse de l'enregistrement qui a accepté le surpoids gratuitement puisque destiné à une mission humanitaire. Toutefois, elle nous a précisé que c'était une faveur et qu'il fallait prendre contact avec un commercial d'Air France avant le départ pour obtenir cette gratuité.
L'accueil à l'école était parfait, les directeurs et les enseignants motivés, la bibliothécaire disponible, de bonne volonté et soucieuse d'appliquer les normes enseignées au stage, les enfants adorables, attachants et très intéressés par les activités proposées.
Bref, à part la chaleur et la pollution difficilement supportables en début d'après-midi, j'emporte un excellent souvenir de cette mission et des rapports amicaux liés tant avec la bibliothécaire et Yaya Koné qu'avec les autres volontaires. Les repas pris en commun étaient des moments importants d'échange et permettaient de faire le point sur nos missions respectives et d'enrichir nos expériences.
Le W.E. à Ségou a été aussi une occasion d'échapper à l'atmosphère étouffante. C'était indispensable pour recharger les accus et aussi pour mieux connaître les autres volontaires engagés sur des missions différentes.
La présence de cyber-cafés à proximité du lieu de logement permet aussi de garder un contact régulier avec la famille et les amis et c'est un soutien moral appréciable.

Stéphanie est partie au Mali (Bamako)
du 30/01/2005 au 12/02/2005 sur le projet n°305 (Animation)

Très très bonnes conditions de vie, nous avons été totalement chouchouté par Yaya ! Très bon relationnel aussi avec lui et les personnes sur place (les participants entre autres). Entre volontaires, nous nous excellemment bien entendus, avons passé tout notre temps ensemble (week-end absolument inoubliable) et créé des liens forts en vivant des moments exceptionnels !
Des anecdotes, il y en a à la pelle : d’avoir eu le sentiment d’un accueil incomparable quelque soit le lieu, les gens, le sentiment d’être partout chez soi, des « mini-déboires » du à notre ignorance des habitudes locales ou des fonctionnements qui se sont transformés en fou rire général, un sentiment de légèreté, un sentiment d’avoir vécu 3 mois au lieu de 2 semaines dans un monde extra-ordinaire au sens réel du terme etc…
Le souvenir que j’en garde, c’est d’avoir découvert par ce biais un pays, des gens fabuleux, pauvres matériellement mais très riches humainement. Je ne m’attendais absolument à recevoir autant (émotions, moments intenses et émouvants…). J’ai trouvé des amis parmi les Maliens et les volontaires…
Le retour est difficile car l’attachement au pays est réel.

Christophe est partie au Mali (Bamako)
du 30/01/2005 au 12/02/2005 sur le projet n°305 (Animation)

Albert est partie au Mali (Mopti)
du 12/02/2005 au 05/02/2005 sur le projet n°358 (Automobile)

Cette mission ne m'a pas permis d'acquérir de nouvelles compétences pour ma vie professionnelle, le but était, au contraire, de retransmettre mes connaissances techniques. Elle m'a permis d'acquérir une nouvelle conception humanitaire comparé au vécu d'autres missions auxquelles j'ai participé à plusieurs reprises dans d'autres pays d'Afrique.
Evidemment, à mon retour, la direction m a demandé de faire un commentaire sur ma mission, ce qui a été fait, j ai aussi confié un CD de photos, dont certaines prises de vue l intéressaient. De ce fait, elle a conservé une photo afin de la faire paraître dans le petit journal qui accompagne le bulletin de salaire.
Quelques salariés intéressés m ont quand même posé des questions sur le contenu et le pourquoi de ma mission.

Fabrice est parti en Bolivie (La Paz)
du 15/01/2005 au 29/01/2005 sur le projet n°299 (Langue)

En dehors des cours, je passais du temps avec les membres de l'association, ce qui nous a permis des échanges interculturels. La vie culturelle est riche en Bolivie à cette époque de l'année (Alasitas, Carnaval), ce qui ne gâte rien ! Par contre, les deux volontaires suivantes sont arrivées en période de Carnaval - et donc de jours fériés - ce qui a amputé leur temps de mission (d'environ 3 jours, sur 10 jours). Enfin, ça nous a permis d'aller tous les trois fêter le Carnaval !
=> améliorer le calendrier des missions pour permettre le nombre de cours maximum (le problème se pose surtout quand les jours sont fériés sur place mais pas en France)
D'autre part, il y a deux cours de 3h chaque jour, à deux groupes d'élèves différents. Moi j'ai assuré ces deux cours, les deux volontaires suivantes assuraient un cours chacune.
=> on peut s'interroger sur le travail en monôme / en binôme
Améliorations possibles de l'organisation :
=> éviter les jours fériés
=> avoir 6 semaines continues pour les 3 missions du projet
Améliorations possible dans le contenu des cours :
=> plus de jeux interactifs et didactiques
chaque professeur a sa méthode, mais il faut s'assurer au maximum de la continuité d'un professeur à l'autre
=> prévoir que les professeurs laissent des notes sur leurs cours, leurs élèves. il faut si possible que les professeurs successifs se rencontrent.
chaque professeur peut emmener et laisser sur place du matériel pédagogique
=> il faut faire un inventaire, accessible depuis la France, pour avoir une meilleure idée de l'existant, de ce qu'il faudrait amener, et de ce sur quoi on peut s'appuyer sur place.
approfondir les aspects culture, histoire, et nouvelles de France
il serait utile que planète urgence diffuse explicitement aux volontaires les rapports des volontaires précédents dans la même mission

Laetitia est partie au Mali (Mopti Ou Sévaré)
du 02/01/2005 au 17/01/2005 sur le projet n°306 (Animation)

Nous avons constaté un niveau très différent d'une classe à une autre. Certains groupes d'élèves de6 eme ne lisent pas du tout alors que des élèves de classe de 4eme lisent correctement.
L'enseignement n'est donc pas égal d'une classe à une autre.
D'autre part le niveau peut être très différent au sein d'une même classe.
Nous avons eu l'explication de ce phénomène par le recteur d'académie M. Mega. Il nous a expliqué que le système scolaire était à deux niveaux, car certains élèves prennent des cours particuliers avec leur propre professeur. Ils étudient la veille le cours prévu le lendemain , ils prennent donc de l'avance sur les autres qui eux n'ont pas toujours le temps d'assimiler le cours.
Concernant l'organisation de la bibliothèque, il me paraît non justifié que le coût d'inscription à cette dernière se monte à 5 f CFA.
Ce montant est beaucoup trop important si on considère le milieu plutôt défavorisé des familles.
Certains élèves motivés aimeraient cependant s'inscrire à la bibliothèque.
Il est important de signaler aux prochaines volontaires comme je l'ai signalé précédemment d'apporter des intercalaires afin de classer les fiches, de remplacer les fiches (papier buvard) par des fiches bristoles, et de rapporter des pastilles de différentes couleurs pour coller sur les livres afin que ces derniers soient rangés à la bonne place, ce qui n'est pas souvent le cas pour l'instant.

Fabienne est parti au Mali (Mopti Ou Sévaré)
du 03/01/2005 au 17/01/2005 sur le projet n°306 (Animation)

Les enfants nous posaient toute sorte de questions du style :
« Est-il vrai qu il y a des pigeons à Paris et vous n avez pas le droit de les manger ? »
« De quand date l indépendance de la France ? »
« Est-ce que vous mangez tous les jours du riz en France ? »
« Est-ce que tous les petits français ont un vélo ? »
« Est-ce que vous apprenez l histoire de l Afrique en France ? » (car les Maliens apprennent l histoire de la France ...)
Plusieurs maliens nous ont parlé de la canicule en France. Ils étaient très choqués par les nombreux morts et le comportement des français. Ils n?arrivaient pas à concevoir qu un voisin puisse mourir et rester ainsi plusieurs jours seul sans que personne s en aperçoive. Ils ne comprenaient pas qu on puisse être si individualiste.
Nous avons aussi beaucoup échangé avec les instituteurs sur l époque coloniale. Surtout le père de Moussa Wattara travaillait pour les blancs à cette époque, donc c était intéressant d entendre l opinion de Moussa. Il nous a expliqué que les noirs qui travaillaient pour les blancs ne pouvaient pas envoyer leurs enfants à l école. On se débrouillait pour ne pas les accepter en classe. Il nous a également expliqués pourquoi il avait peur des blancs quand il était jeune. Il nous a aussi beaucoup décrit le statut du blanc en Afrique et comment il est perçu. On a également parlé de la situation politique au Mali, de ses principes éducatifs.
Il n y a pas de tabou au Mali, on peut parler vraiment de tout !
Un soir, je me suis rendue dans la famille d un enfant de la bibliothèque. J ai eu l occasion de discuter un long moment avec sa mère et puis sa soeur. Elles m ont beaucoup parlé de la condition difficile des femmes maliennes. Nous avons parlé de l excision et de la contraception. Elles m ont dit qu elles avaient une vie difficile. Les filles ne peuvent pas sortir, elles se marient en général vers 15 ans, elles choisissent rarement leurs maris et ne peuvent donc pas poursuivre leurs études. C était un témoignage poignant et émouvant. Je ne l oublierai jamais. D'ailleurs, nous continuons à nous écrire par mail.
Une autre anecdote : lorsque nous avons apporté les livres au CAP , il nous a invité à dîner chez lui pour nous remercier. Nous avons partagé un repas traditionnel et nous avons échangé sur des sujets comme la polygamie, l éducation des enfants, le statut de la femme au sein de la famille, l image de la France et de J. Chirac au Mali.
Toutes ces discussions, toutes ces rencontres m ont beaucoup apporté. Je crois que cela a changé mon quotidien et ma vision du monde. Je crois que je ne regarde plus les gens de la même façon.

1 Une des questions du rapport de mission demande au volontaire un "niveau de satisfaction général" sur sa mission de Congé Solidaire. A partir des réponses à cette question fermée à laquelle le volontaire peut répondre par passable, satisafaisante ou excellente, nous calculons cet indice de satisfaction.

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