ENVIRONNEMENT

BIODIVERSITÉ

| n°1427 | Maroc |
| Oualidia |

GROUPEMENT LIBRE DES AGRICULTEURS ET ARTISANS D'EOURRES

Recensement et protection de la biodiversité, lagune de Oualidia

JE POSTULE

  

Capacité d'accueil par mission :

DE 3 À 4 VOLONTAIRES EN GROUPE

La lagune de Oualidia est un site exceptionnel qui s'étend sur 12 km entre Safi et El Jadida. Elle débouche sur l'océan Atlantique dans une zone très fréquentée par les mammifères marins. Servant d'étape à de nombreux oiseaux migrateurs elle est aussi un lieu d'intenses activités ostréicole et agricole. Elle bénéficie depuis peu d'une convention de protection qui nécessite une surveillance permanente par l'acquisition de données spécifiques à ce site. Planète Urgence et son partenaire (ornithologue), proposent dans le cadre de leurs missions environnementales de soutenir une association marocaine locale (le GOMAC Lors de ces missions, les volontaires interviendront sur le recensement des oiseaux (migrateurs et endémiques) et la collecte des macro-déchets marins.

La zone de protection de la lagune de Oualidia a été créée afin d’assurer durablement le développement local, de préserver le potentiel ostréicole de la commune et de protéger la baie en tant que site écologique et zone humide d’intérêt international régi par la convention RAMSAR. La dite convention règlemente l’utilisation rationnelle des écosystèmes en zones humides dans le but d’un développement durable.

La zone de protection bénéficie d'un plan d’action intégré pour «le développement durable de Oualidia, la préservation de sa lagune et la protection de son potentiel ostréicole», élaboré sur instructions royales par les départements ministériels concernés et les autorités de la commune de Oualidia.
Ce plan d’action a été réalisé entre avril 2010 et mars 2012.

L’ensemble du complexe auparavant soumis à une pression de chasse importante, est classé depuis 1984 en Réserve de chasse permanente. Il a été sélectionné dans le Plan Directeur des Aires Protégées du Maroc (AEFCS, 1996) comme Site d’Intérêt Biologique et Ecologique de priorité 1.
Il est aussi sur la liste des Zones d’Importance pour la Conservation des Oiseaux au Maroc.

Présentation géographique :
Le site se trouve sur la côte atlantique, dans la province d’Al Jadida. Il se compose essentiellement d'une série de zones humides discontinues séparées de la mer par un cordon dunaire qui s’étend entre le village de Sidi El Abed (35 km au sud d'Al Jadida) au nord et la petite ville de Oualidia (66 km au nord de Safi) au sud.

Problématique de la région et de la zone de protection :
Le complexe de Sidi Moussa-Oualidia offre des richesses naturelles abondantes et variées intensément exploitées : agriculture et élevage du bétail (activité la plus développée dans la région); exploitation de sel ; élevage de l’huître creuse Crassostrea gigas au niveau de la lagune de Oualidia ; ramassage de coquilles et pêche dans les lagunes et en mer ; activités de loisirs et de tourisme...

Cette zone compte environ 10 000 habitants incluant 2 villages. La population rassemble essentiellement des pêcheurs, des agriculteurs ou ouvriers agricoles et quelques petits commerçants locaux. En dehors des touristes possédant des résidences secondaires près de Oualidia, les populations locales sont relativement pauvres.

Les salines, malgré leur caractère artificiel, représentent un milieu fort apprécié par certaines espèces d'oiseaux, particulièrement les limicoles. Elles restent néanmoins le résultat de la transformation de zones humides naturelles, ce qui n'est pas sans conséquence sur la biodiversité des invertébrés. Toute nouvelle extension vers les lagunes et les Merjas serait fatale pour leur flore et faune aquatique. Aussi, est-il souhaitable de restaurer en marais toutes les salines abandonnées.
La présence des ouvriers et des engins dans les salines constitue par ailleurs une source de dérangement pour les oiseaux, surtout en période de reproduction et lors de la migration printanière. Ces salines sont encore exploitées malgré la volonté des responsables de l’environnement de les supprimer.
La surexploitation des ressources aquacoles des deux lagunes est la cause directe de la diminution du rendement de la pêche. Malgré le caractère artisanal de cette pêche, l’utilisation des filets à petites mailles, l’absence de période de repos biologique (activité de pêche sur toute l’année) et l'augmentation du nombre de pêcheurs contribuent à la diminution de la diversité et du stock des espèces exploitées.
Quant au ramassage des coquillages (palourdes Venerupis decussatus, coques Cerastoderma edule, couteaux Ensis ensis) il contribue à la perturbation de la quiétude de l'avifaune et au piétinement et déplacement excessifs de l'habitat vaseux.

L’agriculture intensive dans la région est à l’origine d'impacts variés sur les zones humides, et l’usage des fertilisants et des pesticides, en absence de personnel qualifié, parait excessif ; ces produits sont drainés vers les zones humides et vers la nappe, provoquant leur contamination.
L'irrigation est responsable en grande partie de la diminution de la surface des zones humides, estimée pour les marais d’El Hotba-Wlad Slem, entre 1957 et 1991, à 21 %, soit une régression de 12 ha/an. La présence de la végétation hygrophile à l'intérieur de certaines exploitations témoigne de leur empiétement sur les zones humides.

Le manque de milieux boisés et de prairies naturelles favorables au pâturage explique la forte pression du cheptel sur les zones humides ; bovins et ovins sont observés dans les milieux aquatiques durant toute l’année, y compris sur les digues de séparation des salines et dans les vasières des lagunes. A ce pâturage non contrôlé, s'ajoute la coupe des hydrophytes qui concerne plusieurs espèces utilisées soit comme combustible (Sarcocornia sp.) ou fourrage (Atriplex portulacoides), soit pour la confection des nattes (joncs).
Ces usages détruisent les habitats humides et diminuent leur diversité floristique. Lors de la période de reproduction des oiseaux, les nids construits sur les cloisons des salines et dans la prairie à joncs sont souvent piétinés.
Les activités dans les parcs d’ostréiculture engendrent une présence humaine permanente, responsable de la diminution du nombre d’oiseaux fréquentant la lagune de Oualidia (partie centrale de la lagune désertée par toutes les espèces).
Plusieurs carrières d’extraction de sable sont également présentes sur le bord des zones humides ; leur effet, limité actuellement à l'accroissement de l'érosion et au dérangement des oiseaux, atteindra bientôt les habitats aquatiques.

Quant à l’augmentation des activités récréatives, surtout au niveau de la lagune de Oualidia, elles sont causes de dérangement des oiseaux d'eau.

L'expansion des constructions aux dépens des habitats naturels de la lagune continue à une allure qui menace le site.
Malgré l’interdiction de la chasse dans l'ensemble du complexe, les braconniers continuent, en absence de surveillance, à chasser dans les marécages.
A cette chasse illégale, et aux diverses sources de dérangement d'oiseaux, s'ajoute le ramassage des oeufs par les enfants, ce qui minimise encore les chances d'installation d'une avifaune reproductrice.

Etat des lieux de la faune dans la zone de protection : une faune ornithologique remarquable.
Le complexe de Sidi Moussa-Oualidia est d’une importance majeure pour l’hivernage et le passage de plusieurs espèces d'oiseaux remarquables (menacées ou vulnérables): Marmaronetta angustirostris, Platalea leucorodia, Pluvialis apricaria, Himantopus himantopus et Numenius arquata. Ce site permet également la reproduction régulière ou occasionnelle d'une douzaine d'espèces d'oiseaux (Marmaronetta angustirostris, Nycticorax nycticorax, Rallus aquaticus, Netta rufina, Turnix sylvatica, Porzana pussilla, Fulica cristata, Recurvirostra avosetta, Gelochelidon nilotica, Burhinus oedicnemus, Asio capensis et Circus pygargus...).
En plus des oiseaux, on note la présence d'un amphibien intéressant, Pelobates varaldii, endémique marocain qui se trouve dans le site à sa limite méridionale de distribution, ainsi que de trois mollusques (Palourde Venerupis decussatus, Coque Cerastoderma edule, Couteau Ensis ensis ).

Recenser la biodiversité en vue de favoriser le classement futur du site en Parc National.

Les activités et les objectifs des partenaires locaux de Planète Urgence sont les suivants :

- Le GOMAC est une association scientifique marocaine à but non lucratif, créée en 1989, ayant comme objectifs d’initier le public à l’observation et l’identification des oiseaux sauvages, et d’oeuvrer pour la protection du patrimoine naturel marocain et en particulier des oiseaux sauvages, notamment les espèces menacées d’extinction. Le GOMAC effectue des travaux de recherche de terrain dans le domaine de l’ornithologie marocaine, tels le suivi des mouvements des populations des différentes espèces du pays, l’actualisation des statuts de ces espèces (espèces sédentaires, estivantes, migratrices, hivernantes) et l’écologie de l’avifaune nationale.
Le GOMAC présente à son actif plusieurs importants travaux de consultations spécialisés (caractérisation des zones importantes pour la conservation des oiseaux au Maroc, études d’impact au niveau des champs éoliens récemment implantés dans le pays, etc.). Il coopère activement avec de nombreux partenaires nationaux et internationaux intéressés par les oiseaux du Maroc et par la protection de l’environnement au sens large.
Le GOMAC est l’auteur avec Holcim du premier guide d’identification des Oiseaux du Maroc. Cet ouvrage est la référence pour tout ornithologue de terrain vivant ou voyageant au Maroc.

- INRH de Oualidia (Institut national de ressources halieutiques)

L'activité ci-dessous proposée aux volontaires en mission sur le terrain avec Planète Urgence bénéficiera à ces différents partenaires :
- recensement des oiseaux migrateurs et sédentaires dans la lagune de Oualidia.

Les volontaires seront amenés à remplir des fiches techniques d’observation concernant les oiseaux. Ces données seront exploitées par les scientifiques des différentes associations et institutions partenaires.

Intérêt de la présence des volontaires pour mener à bien ce projet :
Les données seront utilisées pour mettre en valeur le site et montrer sa valeur écologique aux autorités concernées (HCEFLCD, agence de bassin,...) en cas de menace le concernant (aménagement touristique, constructions, drainage, vol de sable,...).

Recensement annuel des oiseaux migrateurs et endémiques de la lagune.
Ce recensement se fera sous la responsabilité d’un photographe naturaliste travaillant déjà dans le domaine ornithologique.
Les volontaires se déplaceront en kayak de mer dans la lagune, au gré des marées afin d’effectuer la meilleure approche possible des oiseaux. Ce recensement sera remis au GOMAC

Les résultats seront communiqués et exploités par l’INRH de Oualidia et par le GOMAC.

Nom des bénéficiaires : Association le GOMAC au Maroc

Lieu de mission : OUALIDIA

Aéroport / Lieu d'arrivée : Casablanca [mohammed v]

Transfert sur le lieu de mission

Transports :
A leur arrivée les volontaires seront accueillis par Gérard Schmidt à l’aéroport de Casablanca, et se déplaceront avec un véhicule de location. Idem pour le retour.
Il faut 2 heures pour rejoindre Oualidia de Casablanca.

Condition d'hébergement et d'intendance

Logement :
Les volontaires seront logés dans des appartements d’un petit ensemble résidentiel appelé «les jardins de la lagune».

Repas :
Les repas seront confectionnés par une cuisinière marocaine et seront pris dans les appartements.

Moyens mis en œuvre

Encadrement des volontaires
Gérard Schmitt, photographe naturaliste, encadrera les volontaires et assurera aussi l’intendance pour les déplacements entre l’aéroport de Casablanca et le site de Oualidia.

Qui accompagnera le volontaire sur le terrain ?
Concernant le recensement des oiseaux dans la lagune et la collecte des macro-déchets marins, Gérard Schmitt accompagnera les volontaires.

En cas d’accidents ou de maladie du volontaire disposez-vous d’un médecin sur place ?
Il existe à Oualidia un centre de santé pouvant assurer les urgences, pour tout problème au-delà des compétences du centre il existe une clinique à El Jadida et un hôpital à Safi (les deux établissements sont situés à 1 heure de route de Oualidia). Le transport pourra être effectué par le véhicule disponible sur place si les services ambulanciers locaux ne sont pas disponibles.

Organisation

Participation du volontaire
Quel sera le planning au quotidien de la mission ?
Les journées réservées au recensement des oiseaux seront entièrement occupées car l’activité se fait en kayak au gré des marées.

Les comparaisons annuelles des différents relevés de nos indicateurs (oiseaux) permettront de suivre les tendances de l’évolution de la protection de la lagune.

Condition physique particulière pour pouvoir participer à cette mission :
Etre en bonne condition physique, savoir nager.

Remarques

Un nombre maximum de 6 volontaires est accepté.
Le nombre minimum pour valider la mission sera de 4.

Les périodes favorables aux interventions mentionnées ci-dessus se situent au printemps et en automne (passage des oiseaux migrateurs).

Quel type d’équipements (vestimentaire et matériel) doit prévoir le volontaire ?
Le volontaire doit prévoir des vêtements légers en coton, un k-way, chapeau ou casquette, lunettes de soleil, protection solaire.
Le matériel demandé est : 1 paire de chaussures en plastiques pour le kayak (type méduse), 1 sac à dos, 1 serviette de bain, 1 appareil photo personnel, 1 paire de jumelles, 1 sac étanche pour les sorties en kayak.
Il est préconisé dans ce pays musulman de porter des vêtements adaptés à la culture du pays.
Le climat en septembre est clément, il est inutile de se charger.

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