| Environnement & Développement à Madagascar |

Madagascar est la cinquième plus grande île du monde (592 000 km²) et un pays qui, par son isolement géographique et la variété de ses climats et reliefs, dispose d'une faune et d'une flore variée et bien souvent unique au monde.

Cependant, cette biodiversité est fragilisée par une très importante déforestation générée par la culture sur brûlis, l'exploitation forestière illégale et la production de combustible et de charbon de bois pour les usages domestiques. Les conséquences pour la population locale, déjà très pauvre (Madagascar est au 135ème rang sur 192 pays selon l'Indice du Développement Humain du PNUD) sont multiples : perte de terres arables et baisse des rendements agricoles, ensablement des rivières et des lacs, etc.

Depuis juillet 2010, Planète Urgence mène un projet de reboisement des forêts de tapias de la région Itasy. Sur place, les équipes travaillent avec les d'Organisations Communautaires de Base (OCB) à qui la gestion des forêts a été confiée. Elles sont formées à la restauration et à la bonne gestion des forêts de tapias. Il s'agit de redonner vie à la forêt et de répondre aux besoins en bois d'œuvre et de chauffe des villageois. En plantant des tapias ainsi que d'autres essences destinées à l'énergie, le projet répond à cette problématique. Depuis 2010, 9 000 plants de tapias ont été plantés sur 10 hectares et 21 000 essences forestières ont été plantées sur 15 hectares. Pour renforcer la sécurité alimentaire des villageois, des arbres fruitiers ont également été mis en terre.

| Le projet AFIBERIA |

Le projet AFIBERIA (Appui à la Filière Bois Energie en Régions Itasy et Analamanga) a pour objectif spécifique d'améliorer le potentiel productif de la filière bois énergie et les revenus des producteurs dans la zone allant d'Arivonimamo jusqu'à Manjakandriana. Il repose sur une expertise forte des partenaires du projet sur les différents maillons de la filière bois énergie, dans ses composantes techniques (production de plants, carbonisation améliorée, développement et commercialisation de foyers améliorés...) et organisationnelles (appuis aux acteurs formels et informels, coopération avec les services déconcentrés et collectivités).

Deux zones d'intervention : la partie Est avec les districts de Manjakandriana, Andramasina et d'Antsimondrano de la région Analamanga (vastes plantations forestières approvisionnant près de 50% de bois énergie d'Antananarivo) ; et la partie Ouest avec le district d'Arivonimamo de la région Itasy (faible plantation forestière qui ne participe pas encore à l'approvisionnement en bois énergie de la capitale).

| Le projet de reboisement de proximité en région Itasy |

l'Association Voary Vao, de la commune rurale d'Imerintsiatosika, a, depuis 2010, développé des actions de reboisement de proximité. Ces actions visent d'abord à sensibiliser et à éduquer la population en matière de respect de l'environnement, pour garantir la protection des surfaces boisées dans la localité. Cette commune est la première du district d'Arivonimamo en matière de reboisement. En effet en 2010 le nombre de plants mis en terre s'élevaient jusqu'à 30 000, contre respectivement 8 000 et 6 000 pour Arivonimamo II et Ambatomirahavavy. Planète Urgence s'est associée à Voary Vao dans une perspective de renforcement de ses actions, en l'élargissant sur des actions de développement économique visant à un meilleur impact au niveau des communautés.

Le projet de reboisement de proximité a une double vocation : celle de restaurer et de protéger l'environnement (lutte contre l'érosion, production de bois de service et de chauffe, production de fourrage, brise-vent,...) et de développer des alternatives de revenus aux populations qui en dépendent. En effet, les activités agricoles, notamment l'élevage à cycle court (avicole et porcin) ainsi que la culture de riz, de tomate, de manioc et de patate douce, constituent la principale activité économique de la population, après l'artisanat (fibres végétales, soie, cuir) (Monographie du District d'Arivonimamo, 2008). L'approche visant à protéger les arbres par l'amélioration des revenus par le biais du petit élevage comme activité génératrice de revenus prend donc tout son intérêt dans le cadre du projet.

Démarré en 2011, dans le district d'Arivonimamo, auprès de 2 communes rurales : celles d'Imerintsiatosika et de Morarano. En 2015, une troisième commune, Ambohimandry s'ajoute à la zone d'intervention. Chaque année, la population a réalisé des reboisements : 140 645 arbres ont ainsi été plantés dans le cadre du projet entre 2011 et 2014.

Une stratégie de sortie a été rapidement identifiée afin de ne pas s'inscrire dans une démarche d'assistance et d'accompagner Voary Vao vers l'autonomisation. Aussi, dès 2013, une réflexion sur la pérennisation des activités de reboisement a été initiée, et s'est concrétisée en 2014 par la mise en place d'unoutil de développement économique agissant comme mécanisme de financement . Il s'agit d'une unité de production de provende dont une partie des bénéfices doit servir à financer le reboisement après le retrait de Planète Urgence, prévue fin 2015.

| Projet de promotion de la filière soie sauvage en Itasy |

La région Itasy est caractérisée par les forêts de Tapia (ou Uapaca bojeri) ayant une importance environnementale et des valeurs économiques considérables. En effet, outre leurs rôles écologiques (protection des sources d'eau, stabilisation des bassins versants), ces forêts renferment des produits forestiers non ligneux (PFNL) non négligeables. On y trouve des champignons, des fruits de Tapia, mais aussi des vers à soie sauvage (dénommé scientifiquement Borocera cajani ou Landibe en malgache), dont les forêts de Tapia constituent leur habitat. Les cocons de vers à soie sont traditionnellement utilisés pour la confection d'articles d'artisanat (vêtements, foulards...) Les techniques d'exploitation restent en outre encore traditionnelles (filage manuel et tissage sur métier traditionnel) malgré l'importance économique de la filière. Il y a deux récoltes de cocons par an : avril - juin et septembre - octobre.

Les OCB sont formées à la production et à l'entretien de cocons de vers à soie ; huit cages d'élevage et une maison de ponte sont mises en place pour augmenter la production de matières premières (cocons de vers). La coopérative est également dotée en matériel plus performant permettant d'améliorer la qualité des produits issus de la transformation des cocons de vers à soie.

Enfin, les 25 femmes membres de la coopérative sont formées à la confection de nouveaux articles adaptés au marché actuel. Il faudra ensuite les accompagner dans la commercialisation par l'accès aux marchés nationaux et internationaux.